Pour que l'effort national commence par ceux qui nous gouvernent
Texte législatif
Pour que l'effort national commence par ceux qui nous gouvernent
Chaque mois, les Français comptent. À la caisse du supermarché, à la pompe, sur la facture d'électricité. Le budget 2026 demande encore près de 22 milliards d'euros d'efforts au pays. Ces efforts peuvent parfois être nécessaires. Ils deviennent inacceptables lorsque ceux qui les décident en semblent protégés.
Pendant ce temps, au sommet de l'État :
• un parlementaire perçoit 7 637 € brut par mois (environ 5 950 € net), près de deux fois et demie le salaire médian ;
• un ministre perçoit 10 692 € brut ; le Premier ministre et le président de la République, environ 16 038 € brut ;
• les membres du gouvernement disposent de logements de fonction, alors que leur rémunération leur permet largement de se loger ;
• un ancien président de la République touche à vie une dotation d'environ 6 200 € brut par mois, versée dès son départ de l'Élysée, sans condition d'âge ni de durée de mandat, cumulable avec toutes ses autres retraites (loi du 3 avril 1955) et il peut siéger à vie au Conseil constitutionnel, fonction rémunérée environ 13 500 € par mois ;
• le Sénat conserve un régime de retraite « maison » : environ 3 391 € net de pension moyenne pour un ancien sénateur, et chaque euro cotisé y rapporterait près de 6 € de pension, contre environ 1,50 € pour un salarié du régime général ;
• les anciens Premiers ministres conservent voiture, chauffeur et secrétariat particulier : 4,5 millions d'euros par an pour 17 bénéficiaires plus de 157 000 € par an pour la seule voiture d'une ancienne Première ministre partie de Matignon il y a plus de trente ans.
Quel salarié, quel artisan, quel agriculteur, quel infirmier touche quoi que ce soit « à vie » pour avoir occupé un poste quelques années ? Aucun. Chacun part à la retraite à l'âge légal, avec ce qu'il a cotisé.
Nous ne demandons pas que les élus soient privés d'une rémunération adaptée à leurs responsabilités : une démocratie accessible à tous exige des mandats correctement indemnisés. Nous demandons que ceux qui gouvernent participent réellement, personnellement et visiblement aux efforts qu'ils imposent à la population. Avant de demander davantage aux Français, commençons par réduire ce que la République accorde à ceux qui les gouvernent.
C'est pourquoi nous, signataires, demandons l'adoption d'une loi prévoyant :
1. la réduction de 1 000 € brut par mois des rémunérations et indemnités du président de la République, du Premier ministre et des membres du gouvernement, des députés et des sénateurs, au minimum tant que le déficit public dépassera 3 % du PIB sans toucher aux moyens du mandat : collaborateurs, frais de fonctionnement, accueil des citoyens ;
2. la fin de la gratuité des logements de fonction, sauf nécessité démontrée de sécurité ou de continuité de l'État ; dans ce cas : coût réel publié chaque année, surface et dépenses proportionnées, usage personnel facturé à l'occupant, aucun avantage prolongé après le mandat ;
3. la suppression de toutes les retraites, dotations et rémunérations à vie liées à une fonction politique, quel que soit le statut président de la République compris : abrogation de la dotation à vie de l'article 19 de la loi du 3 avril 1955 ; une retraite fondée sur les cotisations réellement versées, à l'âge légal, comme pour tout citoyen ; au plus une indemnité transitoire de douze mois, dégressive et sous conditions de ressources ; l'extinction des voitures, chauffeurs et secrétariats des anciens Premiers ministres ; une protection policière maintenue uniquement sur évaluation réelle des risques ;
4. l'alignement intégral de tous les régimes de retraite des élus — Sénat compris sur le droit commun : mêmes âges, mêmes cotisations, mêmes règles de calcul et de cumul, et publication annuelle des comptes des caisses de retraite des assemblées ;
5. une transparence annuelle obligatoire : un rapport public unique détaillant rémunérations et indemnités, coût des logements et véhicules de fonction, frais de représentation et de déplacement, avantages post-mandat, dotations aux anciens responsables, et les économies effectivement réalisées ;
6. la traçabilité des économies : retracées chaque année et orientées en priorité vers la réduction de la dette, la revalorisation des petites retraites et les services publics essentiels.
Soyons honnêtes c'est ce qui nous distingue des démagogues : ces mesures rapporteraient quelques dizaines de millions d'euros par an, dont environ 11,6 millions pour la seule baisse des indemnités. Elles ne combleront pas un déficit d'environ 150 milliards. Là n'est pas la question. La question, c'est le consentement : celui qui demande des sacrifices aux autres doit être disposé à en accepter lui-même. L'exemplarité n'est pas un geste comptable, c'est la condition de la confiance et la confiance est la condition du redressement.
Le Parlement peut agir dès maintenant. Le Sénat a voté en janvier 2025 la suppression des crédits des avantages des anciens présidents et Premiers ministres (amendement non conservé ensuite), et une proposition de loi encadrant ces avantages a été déposée à l'Assemblée en avril 2025. Le sujet est mûr, juridiquement et politiquement. Nous demandons aux députés et aux sénateurs d'examiner publiquement ces mesures, de produire une étude d'impact indépendante, de les voter et de rendre compte publiquement de leur vote.
Élus de la Nation, montrez l'exemple. Les Français font leur part : faites la vôtre.